Co-responsabilité

La co-responsabilité , c’est ma réponse à la question « une planète, sur qui compter ? »

La chaine de valeur (supply chain en anglais) a été popularisée avec l’invention française de la taxe sur la valeur ajoutée.

Le mécanisme de calcul des émissions ajoutées fonctionnerait par analogie . Il repose notamment sur la comptabilisation par chaque entreprise du poids carbone indiqué sur chaque facture.

Les émissions directes sont la contre valeur  de la valeur ajoutée qui rémunère salariés, actionnaires, prêteurs…

On peut-être tenté aussi d’inventer une notion de « responsabilité ajoutée ». Cela n’a pas beaucoup d’intérêt.

La formule « Pollueur = Payeur » ne nous exonère t-elle pas trop facilement de notre responsabilité de consommateur ?

Comment penser que notre faim inextinguible de consommation est sans impact sur les ressources et les pollutions ?

Faire payer le pollueur (c’est-à-dire ceux que rémunère la valeur ajoutée) ne suffit pas . Cela ne permet pas en soi le respect du budget global et renchérit le coût des produits sans considération pour la justice sociale.

D’autre part un salarié ou un actionnaire est un consommateur. Pour éviter un double-comptage, il faut donc choisir une voie ou l’autre.

Choisir la consommation plutôt que le travail c’est plus surement peser sur un changement de mode de vie.

 A l’inverse, on ne peut exonérer les producteurs de faire les efforts pour « décarboner » leur offre , rechercher la meilleure efficacité (émissions rapportées au volume de production) …

Pour moi il s’agit bien d’une co-responsabilité dont il est impossible de donner une définition commune des poids respectifs.

Pas plus que dans un procès il n’existe de vérité absolue pour déterminer la responsabilité relative du criminel et du commanditaire.

Par contre le choix éclairé des consommateurs (si un choix existe et il faut qu’il existe) peut fortement inciter chaque acteur de la chaine de valeur à contribuer à l’objectif collectif de neutralité carbone.

Une information prix qui agrège de multiples informations et mécanismes est beaucoup moins efficace pour engager la responsabilité du consommateur.

Cette réponse, la co-responsabilité, justifie que l'on ne doit pas se limiter en France à la surveillance des émissions Françaises (appelées émissions territoriales)

mais que notre vigilance doit porter sur l'empreinte carbone (les émissions territoriales plus les émissions importées). Actuellement nous ne savons que mal suivre cette empreinte carbone de la France

(en ordre de grandeur et avec deux ans de décalage, ce qui ne permet pas de gérer un budget).