Dans ma dictature il y a ...

Je ne suis pas convaincu que la démocratie soit à même de fixer les limites qu’il nous faudrait respecter.

Mais elle peut nous permettre de décider collectivement de limites, ce qui est un gage de pouvoir les respecter.

A l’inverse, décréter ces limites hors de la pleine démocratie, d’une part n’adviendra pas et d’autre pas ne sera respecté.

Il nous faut donc faire avec les imperfections de la démocratie. Accepter de ne pas y arriver. Refuser de ne pas essayer.

Tout en cherchant à l’améliorer. Et il y a fort à faire.

Une limite est dans la difficulté de  donner une voie au chapitre aux futures générations qui devront faire avec les conséquences de ceux qui déterminent les choix actuels .

Sans parler de donner une « parole au loup » comme le faisaient les amérindiens.

Un projet politique, même étayé par les faits et la raison doit être confronté aux autres visions et rapports de force.

Lorsque on défend une idée qui bouleverse les débats et clivages déjà établis, il existe à minima deux stratégies:

- Soit on fait alliance avec une force politique

- Soit on propose à l’ensemble des forces politiques un questionnement et un plus petit commun multiple. C’est cette dernière que je veux proposer.

Faisons l’analogie avec l’impôt sur le revenu. Revenons aux temps de la taille et de la gabelle qui étaient des taxes.

Si à l’époque un promoteur de l’impôt moderne avait proposé un projet qui visait un taux de prélèvement obligatoire de l’ordre de 50 % des richesses, je doute fort que la fiscalité telle que nous la connaissons n’ait jamais existé.

Il y a aujourd’hui un consensus à payer des impôts (ou plutôt à organiser un état doté de ressources) . Ce consensus est aussi fort que l’est le dissensus pour fixer le niveau de ces ressources (et donc des impôts).

J’ai l’intuition que conditionner la mise en œuvre d’une comptabilité physique individuelle à un des objectifs d’utilisation élaboré par un petit groupe de personne / parti politique, conduira pendant longtemps à son rejet.

A l’inverse, une voie étroite, ou l’on se concentre sur le socle technique (technique en apparence seulement), peut permettre de fédérer davantage de forces et susciter moins de rejets.

Je ne nie pas que l’efficacité du point de vue de l’objectif de respect de limites , de la mise en place de la seule norme comptable, est faible.

C’est la stratégie de l’effet cliquet. C’est aussi une vraie stratégie politique ou l’on s’affronte fort mais ou à la fin il est nécessaire de s’accorder sur un minimum d’alliances.

D’autant, que outres les freins important, la durée de mise en place d’un tel système est longue.

Et que des contraintes fortes ne pourront être « consenties » que si les approximations dans les valeurs individuelles imputées apparaissent suffisamment fiables (ou justes)

L’exercice consiste à concevoir un système cible ambitieux

Et à prévoir des étapes de mises en œuvre progressive.

La démocratie doit nous aider sur deux points essentiels :

    • La recherche de compromis sur un socle commun qui respecte les lignes rouges des uns et des autres.
    • La recherche de où placer le curseur (sur l’intensité de la contrainte : taux de réduction annuel du budget carbone, sur le niveau d’inégalité, …)