Engrenages ...

Le schéma est complexe. Il évoque la quadrature du cercle.

En résumé , je paraphrase Gramsci « avoir le pessimisme de l’intelligence et la volonté de l’optimisme » en disant que pour avoir le courage d’agir il faut un peu oublier la lucidité.

L’effet rebond , c’est quand une amélioration locale (vitesse du train) devient la cause d’une dégradation globale (le temps total passé dans le train augmente par le nombre de trajet ou leur distance)

L’effet cliquet , c’est s’appuyer sur des succès pour ne pas reculer et aussi s’accoutumer pour ne plus s’en passer .

(c’est plus subtil a expliquer. Ma compréhension de la stratégie de google en est un  bon exemple : ils ont une vision qu’ils ébruitent peu et lance des initiatives apparemment hors de leur champ , comme le développement d’un système d’exploitation de téléphone, dans la santé, … et qui finissent par faire sens le jour ou elle entre « dans les mœurs »)

Le danger grandit, on dispose de moins de temps, il faut alors des solutions fortes et plus immédiates. L’équation devient infernale.

Or la radicalité ne peut se décréter et les solutions systémiques nécessitent du temps. Elles sont donc écartées . L’équation devient infernale.

Avec cette double peine du danger et de l’urgence on se retrouve donc collectivement à rejeter les solutions à hauteur du problème et on finit par avoir raison tout seul dans sa prison.

Le danger grandit, on dispose de moins de temps, moins on se montre capable d’agir, plus on pousse chacun au fond du trou.

Or nous sommes ainsi fait que pour bâtir, il nous faut des plans et du courage.

Pour répondre à ce scénario d’impuissance, ma ligne de conduite serait:

    • Imaginer une vision à hauteur du problème , c’est-à-dire à mes yeux radicales : devenir raisonnable !
    • Se libérer psychologiquement de la pression du danger et du temps : être moins lucide !
    • Travailler collectivement : s’encourager , s’aider !
    • Dessiner les solutions pour leur faisabilité, leur cohérence avec la vision
    • Implémenter des débuts de solutions
    • Négocier ensuite les accélérations nécessaires
    • ...

En quelque sorte opposer l’effet cliquet à l’effet rebond.

 

Vous gravissez en équipe une haute montagne. Le soleil se couche. Vous n’avez plus le temps de parvenir au sommet.

Vous houspillez vos compagnons : dépêchez-vous, dépêchez-vous, on n’a plus le temps.

Vous avez à coup sur raison mais ils s’arrêtent et redescendent.

Si vous aviez exhorté leur courage, les aviez soutenu dans l’effort, vous ne seriez pas arrivé avant la nuit mais peut-être seriez-vous arrivés au sommet.

Il n’est pas exclu non plus, que à la vue du sommet, les troupes se soient mises à encore accélérer.

 

Je n’aime pas l’invocation de ces états intérieurs que sont le pessimisme et l’optimisme.

Tout en restant dans le domaine de la psychologie individuelle et de groupe,

 je préfère parler de scénario d’impuissance ou de scénario de puissance.

La lucidité force à ne pas y croire. Vous avez le droit de désespérer.

Bâtir les solutions impose d’y croire. Vous n’avez pas le droit de ne pas essayer.

Choisissez votre camp !